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Message de Valérie Pécresse à l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions

Esclavage : le combat continue !

par Valérie Pécresse 

Dans la longue Histoire de France, jaillissent des pages lumineuses dont nous devons tirer fierté. Mais aussi des pages cruelles qu’il faut regarder en face.

Parmi elles, l’esclavage qui condamna des millions d’Africains à être déportés, entassés à fond de cale, vendus, exploités, au mépris de toute dignité humaine. Cet immonde commerce, auquel prirent part des négriers sans âme des trois continents, Europe, Afrique, Amérique, reste en nous, comme une blessure qui ne se refermera jamais. Mais souvenons-nous que la France fut au rendez-vous de la conscience humaine par deux fois: en décidant l’abolition de l’esclavage avant d’autres nations, et en votant à l’unanimité la loi du 21 mai 2001 qui fait de l’esclavage un crime contre l’humanité.

Il faut avoir conscience que contre l’esclavage le combat n’est pourtant pas fini. L’asservissement reste une réalité vécue par plus de 20 millions de personnes. Sur tous les continents, des esclavagistes, chefs de guerre, maffias, prêcheurs fanatiques, gouvernements et entrepreneurs sans scrupule, continuent à museler des vies.

Au Sahel, en Libye, dans la Corne de l’Afrique, le trafic d’êtres humains est monnaie courante. Vendus sur les marchés, des femmes sont ensuite violées et des enfants astreint au travail forcé. Dans le monde, 4,3 millions d’enfants y seraient assujettis. Dès l’âge de six ans, d’autres sont des enfants soldats. En Syrie, sous les décombres de Daesh, combien de jeunes filles captives, yézidies ou chrétiennes ? Leurs larmes sont les mêmes que celles qui coulaient en Amérique autrefois.

Autour du bassin méditerranéen, des colonnes de migrants sont entassées sur des barcasses par des prédateurs qui se jouent de notre générosité. Parmi eux, des milliers de jeunes migrants exploités par les réseaux de la drogue et de la prostitution. Combien de femmes venues de l’Est, d’Asie, d’Afrique condamnées à la servitude sexuelle ou domestique ? Aux quatre coins du monde, des millions de travailleurs sont clandestinement exploités, prisonniers de leurs dettes. En Chine, les Ouigours, peuple devenu fantôme, est privé de sa liberté, «rééduqué». En Corée du Nord, l’homme appartient à l’État.

Non, la lutte contre l’asservissement n’est pas gagnée. Pour la France et l’Europe les discours ne suffisent pas. Notre devoir est d’imposer dans le commerce international nos exigences éthiques. Il est de briser ces réseaux mafieux qui exploitent les migrants. Au Sahel, il est d’endiguer la poussée de l’intégrisme. Il est, chez nous, d’abattre les cloisons de la discrimination.

« Tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». C’est là le message lancé par la France il y a plus de deux siècles. Ses opposants sont toujours là. Mais, comme en témoigne notre histoire, le souffle de la liberté est puissant.

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