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La gratuité des transports, folie économique et illusion écologique

« La gratuité, c’est du pouvoir d’achat pour les Franciliens » FAUX

La gratuité, ça n’existe pas. Si les voyageurs ne paient plus, le manque à gagner pour les transports publics sera de 4 milliards d’euros qu’il faudra bien combler. Pour financer « la gratuité » des transports, il faudrait donc envisager une hausse de la fiscalité sur les entreprises de 60% ou une explosion des impôts des ménages franciliens de 500€ par an (même ceux qui n’utilisent pas les transports !) Le seul gain de pouvoir d’achat à prévoir serait pour les touristes et les visiteurs étrangers qui pourraient bénéficier de transports gratuits sans contribution fiscale. La gratuité, c’est donc moins de pouvoir d’achat.

 L’Île-de-France a l’un des réseaux de transports les plus denses du monde : 1500 lignes de bus, 14 lignes de métros, 10 lignes de tramways, 13 lignes de trains et de RER… C’est un budget de fonctionnement annuel de 10,8 milliards d’euros pour effectuer 9,4 millions de déplacement chaque jour. La gratuité est possible pour un réseau qui compte quelques lignes de bus et de tramway comme à Dunkerque, à Niort ou à Châteauroux, les transports franciliens ne pourraient plus continuer à fonctionner avec plus de 4 milliards d’euros de manque à gagner. D’ailleurs, la Ville de Paris a échoué à instaurer la gratuité des Vélib car cela représenterait un coût trop important pour ses finances, comment pourrait-il en être autrement pour les RER et les métros ?

« La gratuité n’empêche pas d’investir pour la rénovation des transports » FAUX

La gratuité des transports, c’est aussi mettre un coup d’arrêt fatal aux investissements pour la rénovation des lignes et la modernisation des trains. Depuis son élection à la présidence de la Région Île-de-France en 2016, Valérie Pécresse a engagé un plan d’investissement record de 24 milliards d’euros d’ici 2025 pour rénover nos rames et prolonger nos lignes. Depuis 5 ans, 650 trains neufs et rénovés sont d’ores et déjà en circulation sur le réseau francilien. La gauche disait que c’était impossible, Valérie Pécresse l’a fait. La gratuité, c'est aussi la mort des chantiers de mise en accessibilité des transports : après des années de sous-investissements par les majorités de gauche, Valérie Pécresse a multiplié par 5 les investissements pour accélérer la mise en accessibilité. La gratuité, c’est donc la certitude d’aboutir à un réseau vétuste et dégradé, avec un faible niveau de service et de sécurité́. Aujourd’hui, les usagers des transports ne demandent pas des transports gratuits (le Navigo est déjà le titre de transport le moins cher du monde, à réseau équivalent) mais des transports plus performants. Il est urgent de poursuivre la révolution des transports que nous avons engagée depuis 2016.

« La gratuité, ce sont des trajets plus rapides et plus fluides » FAUX

Toutes les études démontrent que la gratuité entraînerait une hausse de la fréquentation des transports franciliens de 10% et donc une baisse immédiate de la qualité de service causée par un engorgement du réseau, notamment en heures de pointe. En effet, la gratuité attirerait davantage d’adeptes de modes de déplacement actifs (piétons et cyclistes) vers les transports en commun. Cette hausse de la fréquentation entraînerait mécaniquement une hausse significative des coûts d’exploitation : après avoir instauré la gratuité, les villes de Seattle et de Portland aux États-Unis l’ont finalement abandonnée, tout comme Hasselt en Belgique, où la hausse de la fréquentation des lignes de bus avait fait exploser les coûts d’exploitation d’un million d’euros. Au regard du niveau actuel de saturation des lignes en Île-de-France, la gratuité risquerait donc de compromettre les investissements futurs et tout espoir d’amélioration de l’offre.

« La gratuité des transports, ça permet de faire baisser la circulation automobile et donc la pollution » FAUX

La gratuité des transports, c'est une fausse bonne idée écologiste puisqu’elle entraînerait une baisse du trafic automobile de... 2% seulement ! Un effet dérisoire sur la baisse du trafic routier et la qualité de l'air. Dans ce sens, un rapport commandé par Anne Hidalgo en 2019 et réalisé par trois de ses adjoints – dont Emmanuel Grégoire – explique lui aussi que l’impact de la gratuité des transports sur le trafic automobile serait très faible : « Pour les villes ayant mis en œuvre une politique de gratuité totale des transports en commun en réponse aux préoccupations environnementales, le bilan est donc très mitigé dans la mesure où les effets sur le trafic automobile sont faibles voire marginaux ». La gratuité des transports n’a donc aucun effet sur l’environnement… et c’est Anne Hidalgo qui le dit !

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